Aménagement du territoire

La culture, facteur de cohésion sociale dans les territoires ruraux

Depuis 2006, neuf Parcs Naturels Régionaux et un Parc National du Massif central, regroupés au sein d’IPAMAC (Association Inter-Parcs Massif Central), se mobilisent autour des politiques d’accueil et de développement territorial rural avec comme moteur, résidences et créations artistiques en lien étroit avec les personnes qui habitent leurs territoires. Soucieux de croiser leur initiative avec d’autres en France et en Europe, l’Ipamac, avec le soutien du Collectif Ville-Campagne, a mis en œuvre un comité de pilotage composé des différents acteurs fédérés qui œuvrent à cette thématique parmi lesquels le Réseau Culture Europe, l’Ufisc, le Réseau 21, la Fédération des Parcs Naturels Régionaux, et bien évidemment Culture et Départements.

La première étape, avant le rendu d’une étude confiée au sociologue Vincent Guillon en novembre prochain, a été un séminaire de travail partagé dans le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy qui questionnait la place et l’impact de la culture, le rôle et le besoin de présence artistique, dans le développement des territoires ruraux. Il est vrai que l’arrivée de nouvelles populations est un enjeu fort

pour ces territoires qui connaissent un attrait nouveau. Elle transforme en profondeur nos différents espaces de vie et interroge nos relations sociales et culturelles : quels liens entre les habitants qui arrivent, repartent, restent ou ne sont jamais partis ? Comment favoriser les interrelations sur des territoires aux populations spatialement et socialement isolées ? Comment envisager le rapport à l’autre ?

Car aujourd’hui, nous connaissons de fortes mutations sociales dans nos territoires, qu’ils soient ruraux, rurbains, périurbains ou urbains avec des changements de repères et de paradigmes majeurs. D’abord, la dualité, qui opposait urbain et rural, est devenue aujourd’hui caduque. La ruralité n’est plus un espace périphérique peu perméable aux courants du progrès, elle n’est plus le monde agricole, elle n’est plus le monde de l’exode que l’attractivité des villes semblait avoir placé à la remorque de la modernité, et la ville n’est plus le monde de la richesse face à la pauvreté de la ruralité. Alors que l’Europe s’inscrit dans un phénomène de métropolisation, la France conserve sa spécificité : un semis de petites villes conjugué avec une occupation quasi-totale du territoire et une accessibilité physique et géographique en constante progression1. Voilà qui demande donc de nouvelles articulations entre ville et campagne et une prise de conscience que la majeure partie de la population française vit aujourd’hui dans un territoire au mode de vie périurbain, dans lequel il convient de mieux prendre en compte les nouveaux arrivants.

D’autant que ces arrivants cultivent de nouveaux comportements. L’espérance de vie a progressé tout autant depuis 1900 qu’entre l’an mille et l’an 2000. Notre vie est composée aujourd’hui d’un temps libre bien plus important que notre temps travaillé mais nous en manquons toujours plus cruellement pour nous nourrir de l’autre et de notre territoire d’habitation. Nous sommes ainsi plus près à faire une heure de voiture pour acheter un réfrigérateur ou à surfer durant cette même heure sur internet que prendre cette dernière à nous nourrir de notre proximité. Car simultanément, comme ironise Jean Viard2, notre mobilité n’a eu de cesse de progresser : 45 kilomètres par jour et des changements de couple et corrélativement de lieux d’habitation tous les 8 ans. En 10 ans, vingt millions de personnes, dont une majorité de 35-40 ans, ont déménagé. De facto, les flux économiques individuels épousent dorénavant de nouveaux chenaux. De manière synthétique, on pourrait ainsi dire que les territoires de production de richesse ne sont plus ceux où elle se redistribue, comme si « dans une société qui passe si peu de temps à produire et tellement à consommer, la dissociation entre temps de production et temps de consommation finit par se traduire par une dissociation entre lieux de production et lieux de consommation3 ».

Aux seules migrations économiques (la recherche d’un emploi) se sont adjointes des migrations de nature sociale ou d’agrément (la recherche d’un logement et/ou d’une qualité de vie). Et le paradigme du développement territorial s’est infléchi : la rotation des populations et le cycle de vie des ménages ont inversé les soldes migratoires et, pour la première fois depuis la Révolution industrielle, renversés la relation Ville-Campagne.

La place de l’artiste dans les territoires, se doit donc, elle-même d’évoluer4. Elle ne peut plus se réduire à une action culturelle déconcentrée dans la périphérie de la périphérie avec comme seule logique, la proximité ou comme seule question, l’animation du territoire, même limitée au tourisme. Elle ne peut être également réduite à produire du lien social comme si l’événement et la fête, sources d’échanges et de rencontres entre les habitants, devenaient en eux-mêmes des médiateurs sociaux. En revanche, ses fonctions environnementales, par la mise en lecture des paysages, économiques, par la « tierce économie »5 qu’elle implique bien au-delà d’une économie de terroir et sociales par les présences, résidences ou implantations artistiques sont en mesure de restaurer, souder et inventer un autre rapport entre nouveaux arrivants, personnes qui habitent le territoire et les « gens d’ici », ceux qui sont partis comme ceux qui sont restés6.

François Pouthier

Télécharger le compte rendu intégral IPAMAC, journées d'étude de Lalbenque

SOURCES ET REMERCIEMENTS

1 - DATAR, Quelle France rurale pour 2020,  contribution à une nouvelle politique de développement rural durable, CIADT du 3 septembre 2003

2 - VIARD (Jean), Paroles et fragments, Lettres d’Echanges de la FNCC, NOS 56/57, Saint-Etienne, 2010, p. 38-43.  Et aussi VIARD (Jean),  Eloge de la mobilité, Editions de l’Aube, Paris, 2006

3 - DAVEZIES (Laurent),  La République et ses territoires, la circulation invisible des richesses, Seuil, La République des Idées, Paris, 2008

4 - Voir Portrait de l’artiste en passeur de territoire, Culture et Départements, septembre 2010

5 – Voir notamment les actions des Articulteurs en Pays de Redon

6 - NOROIS, Patrimoine, culture et construction identitaire dans les territoires ruraux, textes réunis par JOUSSEAUME (Valérie), DAVID (Olivier), Revue géographique des Universités de l’Ouest, PUR, N°204, novembre 2007

 

Flash

PROFIL CHARGÉ(E) DE MISSION ORGANISATION DES ASSISES 2019

La FNADAC recherche un(e) chargé(e) de mission auto entrepreneur en capacité d’accompagner le montage de ses rencontres professionnelles en termes administratif et communicationnel.

Un contrat pour les missions suivantes serait proposé :

Contrat forfaitaire de janvier à novembre 2019 : préparation des Assises nationales des DAC – Rennes, 10 et 11 octobre 2019.

Assurer le suivi du montage des 5ème Assises Nationales des DAC organisées par la FNADAC en lien avec la Présidente de la FNADAC et en partenariat avec le groupe technique en charge de l’aspect logistique et technique basé en Bretagne, avec le groupe de pilotage composé de membres du CA de la FNADAC (Paris) et l’Observatoire des Politiques Culturelles (Grenoble).

Lieu des assises : Rennes, octobre 2019. Les dernières Assises nationales de DAC ont réuni plus de 500 participants en 2017.

Détails des missions :

* Le ou la chargée de mission aura en charge la gestion administrative et en partie technique des rencontres :

- interface administrative avec les intervenants (réservation des billets de transports, hôtels, taxis…).

- recherche de prestataires / éventuellement demande de devis, suivi prestataires (lieux, traiteurs, prestataires techniques / logistiques) en lien direct avec le groupe technique.

- prévoir et organiser la présence des différents intervenants en lien avec nos partenaires

- gestion opérationnelle des partenariats

- présence terrain lors de la manifestation (accueil, émargement, signalétique…), participation au suivi et mise en place des dispositifs logistiques

- coordonner le recueil de la « matière » utile au déroulé des assises (supports numériques et papiers…), veille documentaire autour des politiques publiques, relevé de bonnes pratiques, recueil des éléments des associations adhérentes.

- constitution d’un serveur accessible aux membres du comité de pilotage dès 2019 et archivage systématique des documents et du travail produits pour constitution d’une base de savoirs faire et d’archives en vue des prochaines éditions.

- A l’issue des Assises, rédaction du bilan, analyse de la fréquentation et coordination de la réalisation d’actes papiers ou numériques.

  • Le ou la chargée de mission participera également à la construction du contenu et des modalités interactives de fonctionnement des Assises. Sur ce dernier point en particulier, il pourra avoir une fonction d’éclaireur et de veille afin de renseigner le comité de pilotage sur des modalités d’animations innovantes.
  • Le ou la chargé(e) de mission aura en charge la partie communication de l’événement :

- relations publiques

- coordination des invitations et réservations

- conception, rédaction et diffusion du dossier de presse et des communiqués de presse en lien direct avec le comité de pilotage. Couverture médiatique de l’événement.

- coordination de tous les supports de communication - travail au développement des outils numériques : alimentation, mise à jour du site internet et mise en place et suivi d’une stratégie sur les réseaux sociaux, diffusion de l’information.

  • Le ou la chargée de de mission pourra aussi se voir attribuer des taches relevant de la vie courante de la fédération : préparation de CA, comptes rendus, organisation de rendez-vous.

Sur ce dernier point, dans le cadre de la professionnalisation de la fédération, le chargé de mission pourra se voir proposer une prolongation de son contrat au-delà de la date des assises afin d’aider la fédération dans sa structuration (missions de secrétariat, communication, recherche de partenariat, animation de la vie de la fédération, organisation de rencontres, etc).

La mise en œuvre des missions sera réalisée en lien direct avec le Président de la FNADAC et le comité de pilotage des rencontres professionnelles de l’association.

Compétences attendues :

- Aisance rédactionnelle

- maîtrise de l’outil informatique

- bonne connaissance des réseaux sociaux et du web

- assistance au montage et à la gestion de projet

- élaboration de dossiers de demandes de sponsoring et subventions

Savoir-faire :

  • Grande autonomie dans le travail
  • Anticipation
  • Capacité à alerter et rendre compte
  • Capacité à mener un projet dans un délai contraint
  • Initiative, réactivité et sens des priorités

Savoir être :

- fortes compétences relationnelles

- Capacité à fédérer et à gérer la multiplicité de partenaires et les différents niveaux d’information des partenaires et groupes de travail.

- diplomatie

Présence physique : 

Participation au comité de pilotage des assises, quelques CA de la FNADAC (Paris), présence lors des événements (frais de déplacement prise en charge en sus)

Condition de rémunération : auto entrepreneur sur forfait global payable au mois

11 mois de contrat forfaitaire payables sur factures réglementaires.

Critère de choix du candidat par la FNADAC : compétences/expérience/ montant forfaitaire proposé sur devis

DATE LIMITE DES CANDIDATURES : 10 DECEMBRE 2018

Les candidatures sont à envoyer par mail aux deux adresses mails suivantes : deborah.copel@gmail.com

et carole.ziem@gmail.com avant le 11 décembre. Des entretiens auront lieu à Paris le 13 décembre (la date sera confirmée directement aux candidats retenus).

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